Une étonnante villa bourgeoise colmarien de style historiciste wilhelminien
Elle est située au 23, avenue de la République à Colmar, voie qui portait anciennement le nom de route de Rouffach avant d'être rebaptisée par l'Administration française au retour de l'Alsace à la France.
Il s'agit d'un exemple précoce de l'urbanisation du quartier sud de la ville : les plans de construction datent de 1879, à une époque où la gare actuelle de Colmar n'existait pas encore — elle ne sera édifiée qu'une vingtaine d'années plus tard.
Une villa construite par et pour Karl Walloth
Selon le site Archi-Wiki, la villa aurait été bâtie pour Karl Walloth, fonctionnaire technique de haut rang de l'administration impériale en Alsace-Moselle (anc. Elsaß-Lothrigen). S'il en signe les plans, il n'est pas architecte au sens strict, mais ingénieur d'État titulaire du titre de Baurath — distinction honorifique accordée aux spécialistes des travaux publics (ponts, routes, infrastructures ferroviaires, bâtiments civils), et pouvant être portée aussi bien par des ingénieurs civils que par des architectes formés aux Bauakademien.
Description architecturale et son lot de déesses.
Les façades du bâtiment constituent une exception remarquable dans le paysage colmarien, en raison de leur ornementation singulière : quatre statues évoquant des déesses antiques, sous chacune desquelles est disposée une mosaïque représentant, pour l'une d'entre-elles, un lion. Une large frise, également faite de mosaïque, parcourt la partie supérieure des façades.
L'une de ces statues — celle de la niche nord-ouest — pourrait représenter la déesse Abundantia (ou Ops), personnification de l'Abondance. Presque systématiquement figurée avec une corne d'abondance débordant de fruits et de céréales, à laquelle s'ajoutent souvent des grappes de raisin, elle compte parmi les allégories décoratives les plus répandues sur les façades bourgeoises du XIXe siècle, en Allemagne comme en France.
Les autres statues, peu accessibles à l'observation depuis l'espace public, demeurent difficiles à identifier avec certitude. Leur nombre — quatre — suggère néanmoins qu'elles pourraient former un cycle des Quatre Saisons, programme iconographique particulièrement prisé sur les villas wilhelmiennes, auquel la figure à la corne d'abondance et aux raisins s'intégrerait naturellement comme allégorie de l'Automne.
Ajouts des années Trente.
La façade nord a par ailleurs été remaniée dans l'entre-deux-guerres : d'après Archi-Wiki, les architectes strasbourgeois Paul Riegert et Adolphe Wolff interviennent en 1930 pour modifier l'entrée, en ajoutant un porche prenant appui sur le mur latéral de l'immeuble voisin et sur la façade arrière de la maison.
Balliet J.M.
Façades ouest et sud • 23 av. de la République, Colmar
| Façades ouest et sud • 23 av. de la République, Colmar |
| Frise en mosaïque parcourant le sommet des façades • 23 av. de la République, Colmar |
| Statue de déesse antique, façade sud • 23 av. de la République, Colmar |
| Statue de déesse antique, gros- plan, façade sud • 23 av. de la République, Colmar |
| Statue de déesse antique et la mosaïque sous-jascente, façade sud • 23 av. de la République, Colmar |
| Statues de déesses antiques, façade sud • 23 av. de la République, Colmar |
| Statue de déesse antique, possiblement la la déesse Abundantia, façade nord • 23 av. de la République, Colmar |
| Façade nord, ajout des années Trente • 23 av. de la République, Colmar |
| Façade est, ajout des années Trente • 23 av. de la République, Colmar |

