Les JEP 2026 ne seraient rien sans une montée des marches — celles de la cour d’appel de Colmar !
Construite entre 1902 et 1906, la cour d’appel de Colmar comptait parmi les édifices majeurs offerts au regard du public colmarien. Si de nombreuses photographies ont été réalisées à cette occasion, nous porterons, ici, notre attention sur son escalier monumental, au sens propre comme au sens figuré.
Pièce maîtresse de la salle des pas perdus, il mérite que l’on s’arrête sur quelques détails qui passent aisément inaperçus.
Plutôt que de nous essayer à une description exhaustive, nous prendrons appui sur la remarquable série de documents mise à la disposition du public pour l’occasion. La notice proposée est excellente et mérite d’être reproduite ici intégralement :
« L’architecture de la salle des pas perdus évoque aussi la cour d’un palais de la Renaissance italienne avec ses fontaines, ses pilastres et ses arcs soulignés de gris rappelant la pierre serena utilisée par Filippo Brunelleschi, un architecte florentin du XVe siècle.
Au centre de la salle, un escalier monumental impressionne public et justiciables. Conçu en béton avec des marches revêtues de marbre rose, il est orné de volutes, de feuillages et de quatre figures anthropomorphes — des représentations humaines stylisées sur les balustrades. Ces motifs pourraient évoquer la justice médiévale des plaids, où les chefs de clans rendaient la justice au sommet d’une montagne ou au pied d’un arbre remarquable. Certains visiteurs facétieux attribuent le visage de l’un d’entre deux à l’empereur Guillaume II.
L’escalier, de style « à l’impériale », comprend un palier central d’où partent deux volées divergentes à droite et à gauche menant au niveau supérieur de la salle des pas perdus. Ses balustrades, identiques à celles des galeries du niveau supérieur, semblent inspirées de celles des escaliers du palais de justice de Munich.
Cet escalier monumental a une double fonction :
• La première est fonctionnelle : il cache à l’arrière un petit escalier menant aux geôles du niveau inférieur et permet ainsi une circulation discrète des détenus qui comparaissent sous écrou jusqu’à la salle d’audience pénale, en limitant le contact au public ou au personnel de la cour.
• La seconde fonction est symbolique : qu’il soit libre ou détenu, chaque justiciable franchit des colonnes doriques, symboles de la justice écrite romaine, et des bucrânes — des têtes de bœuf sculptées, inspirées des temples païens antiques, où ces ornements rappelaient les sacrifices d’animaux offerts aux dieux.
L’ensemble de ces références architecturales et ornementales célèbre le projet politique de réforme judiciaire de l’Empire allemand qui vise à unifier le droit sur tout le territoire, en mêlant droit romain, traditions germaniques et héritage des réformes napoléoniennes. »
[texte extrait des notices proposées part la cour d'appel de Colmar]
Portfolio
La montée des marches ! Cour d'appel de Colmar, 2026. L'escalier monumental… bouche de ventialtion du système de chauffage latéral (Cour d'appel de Colmar, 2026) L'escalier monumental… en béton et décors peints (Cour d'appel de Colmar, 2026) L'escalier monumental… quelques détails (Cour d'appel de Colmar, 2026) L'escalier monumental… quelques détails (Cour d'appel de Colmar, 2026) L'escalier monumental… quelques détails : Guillaume II ? 😉 (Cour d'appel de Colmar, 2026) L'escalier monumental… quelques détails (Cour d'appel de Colmar, 2026) L'escalier monumental… quelques détails (Cour d'appel de Colmar, 2026)
Leica SL3 • Leica VARIO-ELMARIT-SL 1:2.8-4/24-90 ASPH. & Sigma 85mm F1.4 DG DN | Art 020 • Clichés du 20 sept. 2026

